dimanche 8 novembre 2009

Je marche... (PAS une chronique)

Bonsoir! Ceci n'est effectivement pas ma dernière chronique, ni même une chronique tout court. Je n'ai aucune idée de ce que c'est, en fait, mais si jamais quelqu'un venait à passer sur mon blog, je trouverais intéressant le fait qu'il lise ça. Alors voilà, éventuel lecteur, ce que tu auras parcourir des yeux au cours des quelques prochaines minutes: ça s'appelle Je marche.

Je suis sur l'Avenue du Séminaire, à l'université, et je vois le A&W.

«Monsieur, ici on vend des burgers, on ne les donne pas.
-Oui, mais j'ai faim! J'ai faim! Comprennez-vous ça?»

Je marche, il fait froid. Je reviens de Longueuil. Je suis allé souper chez les grand-parents de ma copine Raphaëlle à l'occasion de la fête des gens de sa famille nés en Novembre (Frédérique, Suzanne et François (le grand)). On a mangé de la quiche (il y en avait trois grosses), des fromages fins (quatre différents), des viandes de charcuterie (cinq sortes) avec du bon pain baguette frais, des légumes variés et deux salades. On a bu de la bière (de la Heinekein), du mousseux puis du vin. «J'ai bien mangé, j'ai bien bu, j'ai la peau du ventre bien tendue!» On chantait ça au camp Portneuf. J'allais exploser. «Il te reste de la place pour le dessert, j'espère?» On a dégusté le gâteau aux noix avec le glaçage au café et le gâteau double chocolat. On a fait passer le tout avec un bon verre de lait 3,25%. Ensuite, on m'a reconduit au métro de Longueuil pour que je prenne mon lift d'Allo-Stop. J'ai attendu trois ou quatre minutes ledit «Éric» puis j'ai enfin vu apparaître sa «Nissan Maxima 2009 gris charbon». Je me dirigeais vers la voiture quand je me suis rappelé ma profonde envie de dormir. J'ai attendu que le gars derrière moi me dépasse pour qu'il soit le premier à entrer dans l'auto et qu'il soit donc obligé de prendre le siège du passager. Échec, au fait: je me suis retrouvé en avant à dormir dans la face du chauffeur (mais les autres n'étaient pas bien mieux, on doit le dire...). Mais pour somnoler, quelles conditions! Sièges en cuir, chauffage parfaitement réglé, espace pour les pieds à perpétuité, siège réglable électriquement, radio satellite jazz, doux roulement des pneus d'hiver neufs sur la chaussée étouffé par l'isolation incroyable de la voiture... J'ouvre les yeux: Beloeil... J'ouvre les yeux: Drummond... J'ouvre les yeux: Chemin St-Louis? Boulevard Laurier? Ben oui! Québec! On est arrivés. Je débarque, ramasse mon sac et paie le chauffeur avec mes 13 derniers dollars. Pas de billet de bus. Pas de monnaie, pas d'argent. Je marche. Il fait froid, maintenant, hors de la Maxima de luxe. J'en ai pour 45 minutes, au moins... Je croise quelques bus. Je regarde les chauffeurs, souriants, silencieux, l'air sympathique ou pas. Mais il y a une constante: aucun d'entre eux ne me laissera monter à bord.

«C'est pas moi qui décide du prix d'entrée dans l'autobus! 2,60$ ou c'est dehors!
-Oui, mais j'ai froid! J'ai froid, comprennez-vous ça?»

Je vois quelques commerces encore ouverts. Là non plus, je ne serai personne. Je suis pauvre et inutile. Je marche résigné vers chez moi. Le A&W. Je m'imagine n'avoir pas mangé depuis des jours, dormant depuis quelques nuits sur un banc aller leur demander un unique burger.
...
La paye est dans 11 jours.







Épilogue

J'arrive chez nous: mon coloc Franck a fait l'épicerie.

1 commentaire:

  1. Méchante histoire mon Étienne. Quand même chian quand on a pas d'argent pour un billet de bus. Mais j'espère que tu as bien profité de la bouffe nouvellement arrivée chez toi ! =P

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